AAMC

Académie Arts Martiaux & Culture

QI GONG - KUNG FU YI QUAN

BOXE POINGS/PIEDS

SELF DÉFENSE

REMISE EN FORME - PRÉPARATION PHYSIQUE

Pour une philosophie du corps

ZHAN ZHUANG GONG :LES POSTURES D'ENRACINEMENT
Le travail des postures est d'abord destiné à
entraîner le corps, dans le but de le renforcer.
Mais l'homme existe à la fois par son physique
et son mental.
Lorsqu'on pratique une posture, on se concentre
sur une image mentale et cette image mentale amène
la décontraction.
A son tour, la décontraction de l'ensemble du
corps entraîne la libre circulation de l'énergie et
du souffle vital (le Qi)à l'intérieur des méridiens.
Tout le corps en bénéficie, et se trouve ainsi
tonifié et renforcé.
Décontraction et renforcement énergétique sont
synonymes d'homogénéité du corps, bien sûr, mais
aussi d'élasticité (pas seulement dans le sens
de la souplesse mais plutôt dans une participation
du corps au mouvement). Comme nous pratiquons
ces postures en position légèrement fléchie,
nous faisons participer les articulations et
les muscles.

Au-delà, le travail le plus important, c'est le
travail du Yi , de la pensée, de l'intention.
Le Yi se concentre "physiquement" parlant sur
la région du cerveau.
Concrètement, par la concentration sur une
image mentale (exemple : l'image de tenir un
ballon de baudruche ni trop fort, pour ne pas
qu'il éclate, ni trop faiblement pour ne pas
qu'il tombe), on amène les aires du cerveau à
travailler sur un plan d'équilibre. Cet équilibre
induit un relâchement mental et un "lâcher-prise".
La tonicité des muscles et des tendons s'en
trouve affectée positivement et le corps
entier se trouve prêt à l'action.

Dans cet état de veille, lorsqu'il y a excitation
extérieure, l'information circule beaucoup plus
vite en direction du cerveau. Et comme l'information
en sens inverse est aussi rapide, la vitesse de
réaction, l'agilité et la puissance s'en trouvent
décuplées.
Stacks Image 7536

Une posture de Zhan Zhuang Gong
pratiquée par Maître Yao Zong Xun,
un des experts historiques du Yi Quan

DES POSTURES SPÉCIFIQUES
POUR AUGMENTER LE DYNAMISME :


Avec le travail sur un premier groupe de postures,
on renforce le pouvoir de concentration ainsi
que la forme physique : les muscles et les tendons
sont renforcés sur le plan énergétique et une
perception sensorielle de l'espace et de nous-mêmes
s'établit, qui permet de devenir plus réceptif.

Avec le deuxième groupe de postures, on aborde
un aspect plus dynamique. Une fois que le corps
a été préparé et que la concentration a été assimilée,
on rajoute le travail de la compréhension de
l'emplacement de l'homme dans l'espace et dans
le temps...
Cela signifie, en clair, qu'à chaque fois que
l'on prend une posture, on travaille vers les six
directions de base où l'homme peut se déplacer
dans l'espace (devant, derrière, en haut, en bas,
vers la droite et vers la gauche, plus les deux
"directions" complémentaires comme pivoter sur
la droite et sur la gauche).

Ainsi, on travaille l'espace, par l'intermédiaire
des directions largeur, hauteur, longueur) et
ses subdivisions (en haut, en bas, etc...)
ainsi que la perception du temps. Ce faisant,
on englobe l'homme dans sa totalité et non
seulement les muscles et les os, en lui redonnant
sa vraie place au sein de l'univers !

Ici, nous évoluons dans une sphère spirituelle,
certes, mais aussi physique car avec ce genre
de postures, il est possible de développer la
perception de ses articulations, qui jouent le
rôle de leviers. On développe la perception de
l'état de contraction et de décontraction
musculaire, ce qui pourra déboucher éventuellement
sur une action, sur un événement futur.
Et l'on travaille énormément l'élargissement du
champ sensoriel, par exemple par l'intermédiaire
de l'oeil : l'oeil regarde devant lui, voit
tout mais ne fixe rien.
Il reste centré.
L'oreille, de la même manière, entend tout
sans rien fixer non plus. Elle reste centrée sur
quelque chose tout en se baladant à la périphérie.
Il en va ainsi pour tous les sens...donc,
l'élargissement du champ sensoriel permet de
capter les informations de l'environnement.

Rapporté à l'art martial, cela signifie être
en mesure d'analyser immédiatement
l'état dans lequel se trouve la personne
en face de vous... Sa façon de respirer, son
comportement (nerveux, calme) et ainsi de suite.
Pour résumer, ces informations sensorielles sont
puisées autour de soi, sont transmises au cerveau
et à partir de là, ce dernier les traite pour réagir
avec rapidité, puisque la décontraction évite le
temps de réaction !

FAIRE LE VIDE :

Pour arriver à créer cet état de pensée "non-parasitée"
ou de vide, on prend au départ l'image mentale comme
d'avoir ses bras enroulés autour d'un arbre, par exemple.
Cette image permet à la personne de devenir peu à peu
en quelque sorte "comme un arbre"...
C'est à dire que le centre de gravité s'abaisse,
une chaîne articulaire fermée se crée, passant par
le positionnement correct du bassin, des genoux, des
chevilles, de la colonne vertébrale, des épaules,
des coudes et des poignets.
Par la suite, cette image mentale permet à la personne
de mieux se centrer et d'apprendre à bouger son corps
en coordonnant l'ensemble de tous les membres.
Une fois que le corps a pris cette habitude, alors
l'image mentale disparaît d'elle-même.
La posture avec image mentale permet à la personne de
prendre ses repères, dans l'espace et par rapport
à elle-même.

Les étapes suivantes consistent en des mouvements
effectués lentement, qui mettent cette force en branle.
Comme si l'on cherchait précisément à dérouler un fil
de soie. Ce qui nous permet de corriger le mouvement tout
en assurant au souffle vital la bonne circulation dans les
méridiens, à la vitesse de la circulation sanguine.
Mais une fois le corps renforcé en énergie, le mouvement
pourra devenir plus rapide, bien entendu ! Par la suite,
ce mouvement peut devenir explosif, exploitant à son
profit les armes naturelles du corps humain.